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tion électronique de documents (dossiers,

lettres, mails factures…), sans oublier

la fabrication via la technologie 3D

déjà bien présente dans de nom-

breuses entreprises artisanales…

Ce sont bien des artisans qui vont

appliquer ces techniques sur le

terrain ! D’ailleurs, il ne faut pas

oublier que leur professionna-

lisme repose avant tout sur la quali-

fication, le savoir-faire, la maîtrise ou

l’équivalence de la maîtrise. Et que beau-

coup de nouveaux établissements comptent

aujourd’hui une nette proportion d’ingénieurs ou

d’universitaires au sens large. Aussi, la transitiondigi-

tale, nous y croyons, nous y tenons, et nous nous en

donnons lesmoyens pour la réussir ! Pour cette raison,

nous avons lancé le projet Handwierk 4.0.

De quoi s’agit-il précisément ?

Le terme « Handwierk 4.0 » est clair : l’arrivée de tech-

nologies et d’outils numériques – tels que les plate-

formes électroniques, les apps, les senseurs, les ob-

jets intelligents, les drones, le cloud computing, le

big data… – transforme les processus de produc-

tion, de prestation de services, de commercialisa-

tion des artisans. Il les oblige aussi à revoir leur mo-

dèle d’affaires et d’organisation. On est aujourd’hui

dans une nouvelle ère d’interconnexion de la chaîne

des valeurs. Qui se caractérise aussi avec l’arrivée de

nouveaux concurrents sur nos marchés. Ainsi, nous

savons que nous ne pourrons pas garder tous nos

créneaux d’activités actuels. Et face à ce grand cham-

boulement, les artisans doivent ou devront se poser

des questions. Car ce changement est inéluctable : le

nier ou le refuser, peut s’avérer à terme fatal pour les

plus réfractaires !

Les artisans sont-ils tous prêts ?

Nous ne sommes pas tous prêts. Certaines entreprises

en sont encore au stade de la réflexion. D’autres re-

voient actuellement leur façon de fonctionner : elles

ont analysé leurs processus et activités. Elles ont pas-

sé en revue tous leurs points de connexions avec leurs

fournisseurs, leurs clients, ainsi qu’au niveau de leur

comptabilité,deleurscommandes…D’autresensont

encore plus loin, puisqu’elles ont déjà revu et adap-

té la gestion de leurs processus. Nous sommes un

groupe composé d’entités hétérogènes. Ce qui fait

notre force, mais aussi parfois notre faiblesse.

Avec Handwierk 4.0, la Fédération des artisans, s’est

donc donnée comme objectifs d’accompagner ses

membres dans la prise de conscience de cette trans-

formation et de ses impacts. Il s’agit aussi de réfléchir

et de les informer sur la meilleure façon d’in-

tégrer des nouveaux outils et pratiques,

voire d’adapter les processus de pro-

duction et de travail.

Et plus concrètement, quel est votre

feuille de route ?

Nous voulons avant tout informer

et sensibiliser nos membres, pour les

rendre attentifs aux défis et aux im-

pacts qu’entraînent ces changements.

Pour mieux communiquer sur le sujet, nous

voulons désigner des « ambassadeurs de la digi-

talisation », dont lamission serade prêcher labonne

parole, au sein des entreprises…En escomptant un

effet d’entraînement. Le seul bémol est celui du fi-

nancement de ces projets,mais nous comptons bien

trouver une solution.

Actuellement déjà nous agissons au niveau de la

formation. Ensemble avec nos centres de formation

continue nous essayons de préparer les entreprises

et leurs collaborateurs à cemonde de demain. À cet

effet, le centre de compétences ICT a étémis enplace

ensemble avec d’autres acteurs du digital. Nous in-

formons également nosmembres sur lesmesures et

les aides à l’investissement qui existent, pour réaliser

cette transition dans leur entreprise, en fonction de

leurs besoins et objectifs tout en essayant de déga-

ger de nouveaux modèles d’accompagnement des

entreprises. Si les technologies deviennent moins

chères, il n’en est rien de l’implémentation dans les

entreprises et de l’accompagnement des initiatives

au niveau ressources humaines.

Par ailleurs, nous venons de lancer une large en-

quête, pour savoir où nous en sommes, tant en ce

qui concerne notre secteur dans son ensemble, que

chaque entreprise prise individuellement. Il s’agit de

mieux connaître nos spécificités, nos atouts et nos

freins, afindemener des actions concrètes et ciblées

dans cette transition digitale.

Quel message fort souhaitez-vous ainsi commu-

niquer ?

Une chose est certaine : nous savons pertinemment

que la digitalisation aura des implications sur le

contenu même de nos métiers. Que ceux-ci évolue-

ront vers d’autresmodèles d’entreprise, qu’éventuel-

lement ils intègreront d’autres techniques, d’autres

pratiques et expériences clients basées notamment

sur la mobilité. Il n’y a donc pas de secret : nous de-

vons avant tout nous adapter. Dans quelle direction,

et de quellemanière ? Nous ne le savons pas précisé-

ment. Nous savons seulement qu’il faut prendre les

devants et agir avant qu’il ne soit trop tard.